Lamborghini Countach : histoire, versions et prix en 2026

Lamborghini Countach jaune

Il y a des voitures qui définissent une époque. La Lamborghini Countach en est l’archétype. Elle a redessiné les codes de la supercar au moment où les années 1970 cherchaient leur rupture avec le classicisme des sixties. Son dessin radical, ses portes papillon, son V12 central arrière et sa silhouette cunéiforme ont influencé une génération entière de designers et de constructeurs. Pendant seize ans de production, de 1974 à 1990, elle a incarné l’idée même de l’excès automobile : belle, excessive, inconfortable et inoubliable.

La naissance du projet : LP500 et Marcello Gandini

L’histoire de la Countach commence avant même son nom. Au Salon de Genève de 1971, Lamborghini présente le prototype LP500, dessiné par Marcello Gandini chez Bertone. LP pour « Longitudinale Posteriore », qui indique un moteur longitudinal à l’arrière. 500 pour la cylindrée en décilitres, soit un V12 de 5 litres.

Le prototype ne ressemble à rien de ce qui existe. Pas de courbes douces comme sur la Miura. Tout est angles, facettes, lignes tendues vers l’avant. La voiture est au sol, écrasée, agressive. Les portes s’ouvrent vers le haut selon un axe articulé en avant, ce qui deviendra les « portes papillon » ou « ciseaux », signature indissociable de la marque depuis.

L’origine du nom est piémontaise. « Countach » est une exclamation dialectale du nord de l’Italie, utilisée pour exprimer la stupéfaction face à quelque chose de beau ou d’extraordinaire. La légende dit que c’est Nuccio Bertone lui-même qui aurait lâché ce mot en voyant le prototype pour la première fois. Lamborghini adopte le nom pour la production.

Entre le prototype de 1971 et la première voiture de série en 1974, le projet change de moteur. Le V12 de 5 litres est remplacé par le 3,9 litres de la Miura, repositionné longitudinalement. La boîte de vitesses est placée devant le moteur, l’arbre primaire traversant le carter d’huile pour rejoindre la transmission arrière. C’est une disposition mécanique inédite qui sera reprise sur toutes les Lamborghini V12 ultérieures, et même sur les Bugatti Veyron et Chiron.

Les versions de la Countach : de la LP400 à la 25e Anniversaire

Chronologie modèles Lamborghini Countach

LP400 (1974-1978) – 150 exemplaires

La LP400 est la version la plus pure et la plus recherchée aujourd’hui par les puristes. Son V12 de 3 929 cm³, alimenté par six carburateurs Weber horizontaux double corps, développe 375 ch à 8 000 tr/min. Les performances réelles sont inférieures aux annonces constructeur (habitude de l’époque) mais la LP400 atteint environ 280 km/h en configuration de série.

Sa carrosserie est la plus épurée de toute la lignée : pas d’aileron arrière, pas d’élargisseurs de carrosserie. Les flancs sont étroits, les jantes Campagnolo de 14 pouces minces. La puriste de la famille. Son rétroviseur central, placé en sommet de capot sur un periscope (d’où l’appellation « périscope » pour les initiés), sera abandonné sur les versions suivantes.

LP400 S (1978-1982) – 235 exemplaires

La LP400 S marque l’entrée des élargisseurs de carrosserie sur la Countach, pour recevoir des pneumatiques Pirelli P7 nettement plus larges. Le V12 reste à 3,9 litres mais la puissance est légèrement réduite à 353 ch dans sa configuration de série. L’option aileron arrière apparaît sur cette version, mais il s’agit là d’un accessoire purement esthétique qui ne génère pas d’appui aérodynamique significatif mais qui est devenu indissociable de l’image de la voiture dans la mémoire collective.

La LP400 S est déclinée en trois séries successives, avec des évolutions mineures sur les jantes, les rétroviseurs et la hauteur de caisse. C’est l’exemplaire possédé jusqu’à sa mort par Ferruccio Lamborghini lui-même.

LP500 S (1982-1985) – 323 exemplaires

Le V12 grossit à 4 754 cm³ sur la LP500 S, développant 375 ch. La progression est modeste en puissance mais significative en couple. La tenue de route progresse avec une nouvelle calibration des suspensions. C’est la version de la Countach la plus connue du grand public, celle qui orne le plus de posters de chambres d’adolescents des années 1980.

LP5000 QV (1985-1988) – 610 exemplaires

QV pour Quattrovalvole, soit quatre soupapes par cylindre. Le V12 passe à 5 167 cm³ et développe 455 ch, une progression significative par rapport aux versions précédentes. C’est la Countach la plus puissante de la production originale. Elle représente aussi le plus grand volume de production de la gamme, avec 610 exemplaires produits.

25e Anniversaire (1988-1990) – 658 exemplaires

La version finale, conçue par Horacio Pagani (oui, le fondateur de Pagani Automobili) alors qu’il travaillait chez Lamborghini. La carrosserie est profondément redessinée avec une profusion d’entrées d’air, de canaux et d’appendices aérodynamiques. Le moteur reprend le bloc QV de 455 ch. Avec 658 exemplaires, c’est la version la plus produite de la Countach et la moins appréciée des puristes, qui lui trouvent un design trop chargé par rapport à la pureté des premières versions.

La LPI 800-4 : le retour en 2021

En 2021, pour le 50e anniversaire du prototype LP500, Lamborghini sort de sa réserve et présente la Countach LPI 800-4. Non pas une simple renaissance stylistique, mais un hommage technique sérieux : le V12 de 6,5 litres (issu de l’Aventador) est couplé à un système hybride par supercondensateurs développant 814 ch au total et 720 Nm de couple.

La production est limitée à 112 exemplaires, en référence au numéro de châssis de la LP112, le prototype original. Le prix de lancement s’est établi autour de 2 millions d’euros. Les 112 exemplaires ont été vendus avant même leur présentation officielle, exclusivement à des clients existants de la marque.

La LPI 800-4 ne succède pas à la Countach originale et elle ne relance pas une ligne de production. C’est un objet à part, un aboutissement commémoratif qui sera bientôt une pièce de collection à part entière.

Fiche technique comparative des versions principales

VersionAnnéesCylindréePuissanceExemplaires
LP4001974-19783 929 cm³375 ch150
LP400 S1978-19823 929 cm³353 ch235
LP500 S1982-19854 754 cm³375 ch323
LP5000 QV1985-19885 167 cm³455 ch610
25e Anniversaire1988-19905 167 cm³455 ch658
LPI 800-420216 498 cm³ + hybride814 ch112

La Countach et le cinéma

La Countach a eu une vie cinématographique aussi intense que son existence réelle. Elle apparaît dans The Cannonball Run (1981), conduite par Roger Moore. Elle tient un rôle dans Risky Business (1983) et dans Rocky IV (1985), où Sylvester Stallone en conduit une rouge.

Mais l’apparition la plus célèbre est sans doute dans Wolf of Wall Street (2013), où Leonardo DiCaprio conduit une LP400 S blanche dans une scène délirante sur une autoroute de Long Island. Cette séquence a relancé l’intérêt pour le modèle sur le marché américain et contribué à la hausse de sa cote à partir de 2014.

La Countach reste également une figure incontournable de la culture automobile populaire, présente sur les affiches et les die-cast de plusieurs générations de passionnés. LEGO a sorti en 2021 un set Technic Countach (42111) immédiatement sold-out, preuve de la pérennité de son statut iconique.

Prix et cote en 2026

La cote de la Countach originale a connu une progression significative depuis 2015, portée par la demande des collections privées, le vieillissement du parc disponible et l’effet « nostalgie des années 1980 » qui a valorisé l’ensemble des supercars de cette époque, notamment la légendaire Ferrari F40.

VersionFourchette de prix 2026
LP400 (état concours)800 000 à 1 500 000 €
LP400 S (bon état)300 000 à 600 000 €
LP500 S (bon état)250 000 à 450 000 €
LP5000 QV (bon état)250 000 à 400 000 €
25e Anniversaire (bon état)200 000 à 350 000 €
LPI 800-43 000 000 € et au-delà

La LP400 originale occupe désormais une position hors catégorie dans les collections, avec des exemplaires en état concours documentés dépassant le million d’euros. Sa rareté (150 exemplaires) et sa pureté esthétique en font le Graal de la collection Lamborghini.

La 25e Anniversaire, longtemps boudée par les puristes, se valorise progressivement. Sa production plus importante la rend plus accessible, mais sa signature Horacio Pagani, désormais fondateur de sa propre marque de supercars parmi les plus exclusives du monde, lui confère une dimension historique que les collectionneurs commencent à reconnaître.

Ce que les passionnés de Countach nous demandent le plus souvent

Quel est le prix d’une Lamborghini Countach ?

En 2026, une Countach de série en bon état se négocie entre 200 000 et 600 000 euros selon la version et l’état. La LP400 originale dépasse régulièrement le million d’euros pour les exemplaires en état concours. La LPI 800-4 de 2021 s’échange au-delà de 3 millions d’euros sur le marché secondaire, ses 112 exemplaires étant déjà tous vendus.

Que signifie le mot « Countach » ?

Countach est une exclamation du dialecte piémontais (nord de l’Italie), utilisée pour exprimer la stupéfaction face à quelque chose de remarquablement beau ou saisissant. La légende attribue ce mot à Nuccio Bertone lui-même, qui l’aurait lâché en découvrant le prototype LP500 en 1971.

Combien de Lamborghini Countach ont été produites ?

2 042 exemplaires au total sur toutes les versions de la production originale (1974-1990), plus 112 exemplaires de la LPI 800-4 produite en 2021. La version la plus produite est la 25e Anniversaire avec 658 unités, la plus rare est la LP400 avec 150 unités.

Quelle est la différence entre la Countach et la Miura ?

La Miura (1966-1972) est la prédécesseur de la Countach chez Lamborghini. Elle utilise un moteur V12 transversal, une carrosserie curviligne dessinée par Gandini, et un tempérament plus GT. La Countach adopte un moteur longitudinal, une carrosserie anguleuse radicale et des portes papillon. Les deux sont signées Gandini chez Bertone, mais elles représentent deux philosophies opposées du design automobile.

Une voiture qui n’a pas fini de faire rêver

La Lamborghini Countach est l’une des rares voitures dont le statut iconique ne s’est pas érodé avec le temps. Elle est restée, décennie après décennie, l’image mentale que des millions de personnes associent aux mots « supercar » et « Lamborghini ». Sa renaissance sous forme de LPI 800-4 en 2021 n’est pas une nostalgie commerciale, c’est la reconnaissance qu’il existe des silhouettes trop fortes pour appartenir à une seule époque.

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