Marché automobile en France en 2026 : le bilan chiffré à fin septembre

Modèles de voitures populaires en France en 2026

Avec 1 234 952 voitures particulières neuves immatriculées entre janvier et septembre, le marché automobile français affiche une hausse de 4,1 % sur un an. Le chiffre semble rassurant, mais il cache deux réalités que les bilans mensuels ne montrent pas : sans la poussée de l’électrique, le marché serait en net recul, et les volumes restent très loin de ceux d’avant 2020.

Ce bilan s’appuie sur les dossiers de presse mensuels publiés par la Plateforme automobile (PFA) à partir des données AAA Data, et sur les fiches officielles de service-public.gouv.fr pour le cadre fiscal. Il porte sur les voitures particulières neuves (VP) et sera mis à jour régulièrement jusqu’au bilan définitif de l’année.

Les chiffres clés du marché automobile français en 2026

Avant d’entrer dans le détail, voici les indicateurs qui résument les neuf premiers mois de l’année.

Indicateur (janvier à septembre)20252026Évolution
Voitures particulières neuves1 186 7861 234 952+4,1 %
Voitures 100 % électriques216 622387 345+78,8 %
Part de marché de l’électrique18,3 %31,4 %+13,1 points
Marché hors électrique970 164847 607-12,6 %
Modèle le plus vendun.c.Peugeot 20856 515 unités

Source : PFA / AAA Data, dossiers de presse mensuels. Marché hors électrique calculé par différence.

La ligne la plus parlante est la quatrième. Entre 2025 et 2026, l’électrique gagne 170 723 immatriculations alors que le marché total n’en gagne que 48 166. Autrement dit, toute la croissance vient de l’électrique, et tout le reste du marché (essence, diesel, hybrides, GPL) recule de 12,6 % en un an.

Une reprise réelle, mais un marché toujours loin de 2019

Parler de reprise est exact si l’on compare 2026 à 2025. L’année 2025 s’était close sur 1 632 154 voitures particulières neuves, en baisse de 5,0 % par rapport aux 1 718 416 unités de 2024. Repartir à la hausse depuis ce point bas reste toutefois modeste.

La comparaison avec la dernière année d’avant crise sanitaire remet les choses en perspective. Sur les neuf premiers mois de 2019, le marché français avait enregistré 1 641 368 immatriculations de voitures particulières. En 2026, sur la même période, il en compte 1 234 952, soit 406 416 voitures de moins et un écart de -24,8 %. Près d’une voiture neuve sur quatre vendue en 2019 ne trouve plus preneur aujourd’hui.

Ce décalage explique pourquoi les professionnels du secteur continuent de parler de marché déprimé alors que les statistiques mensuelles sont repassées dans le vert. Les deux lectures sont justes : elles ne mesurent simplement pas la même chose.

Mois par mois, un marché qui accélère depuis le printemps

L’année a mal commencé, avec deux mois de baisse marquée en janvier et février. Le marché s’est ensuite redressé, puis nettement accéléré à partir de l’été.

Immatriculations mensuelles de voitures neuves : 2025 contre 2026

■ 2025    ■ 2026

Janvier
2025 : 114 673
2026 : 107 157
Février
2025 : 141 570
2026 : 120 764
Mars
2025 : 153 842
2026 : 173 634
Avril
2025 : 138 696
2026 : 138 339
Mai
2025 : 123 919
2026 : 128 484
Juin
2025 : 169 506
2026 : 188 787
Juillet
2025 : 116 377
2026 : 126 808
Août
2025 : 87 849
2026 : 94 350
Septembre
2025 : 140 354
2026 : 156 629
Source : PFA / AAA Data, voitures particulières neuves, données brutes. Août calculé par différence à partir du cumul à fin septembre.
Mois20252026Évolution
Janvier114 673107 157-6,6 %
Février141 570120 764-14,7 %
Mars153 842173 634+12,9 %
Avril138 696138 339-0,3 %
Mai123 919128 484+3,7 %
Juin169 506188 787+11,4 %
Juillet116 377126 808+9,0 %
Août87 84994 350+7,4 %
Septembre140 354156 629+11,6 %
Total 9 mois1 186 7861 234 952+4,1 %

Source : PFA / AAA Data. Données brutes, non corrigées des jours ouvrés. Août calculé par différence entre le cumul à fin septembre et les autres mois.

Découper l’année en périodes rend la tendance plus lisible. Le premier semestre 2026 totalise 857 165 immatriculations contre 842 206 un an plus tôt, soit une progression limitée à 1,8 %. Le troisième trimestre change de rythme : 377 787 voitures entre juillet et septembre, contre 344 580 en 2025, soit +9,6 %. C’est cette accélération estivale qui porte la hausse cumulée au-delà de 4 %.

Une précaution de lecture s’impose sur certains mois. La PFA publie aussi des évolutions corrigées des jours ouvrés, car un mois qui compte un ou deux jours de concession en plus ou en moins fausse la comparaison brute. Mai 2026 en est l’illustration : +3,7 % en données brutes, mais +15,9 % une fois corrigé du calendrier. Juin suit le mouvement inverse, avec +11,4 % en brut et seulement +1,2 % en données corrigées.

L’électrique a déjà dépassé toute l’année 2025

Renault 5 électrique à la borne

Le chiffre le plus spectaculaire de 2026 concerne la voiture électrique. Avec 387 345 immatriculations en neuf mois, elle dépasse déjà le total de l’année 2025 entière, qui s’établissait à 327 234 unités. Sa part de marché atteint 31,4 %, contre 20,0 % sur l’ensemble de 2025. Près d’une voiture neuve sur trois vendue en France est désormais 100 % électrique.

La comparaison sur sept ans montre l’ampleur de la bascule énergétique du marché français.

Énergie (part des VP neuves, janvier à septembre)201920252026
Essence58,5 %22,3 %13,7 %
Diesel34,1 %5,0 %2,4 %
Hybrides (tous types)5,3 %50,9 %49,1 %
dont hybrides rechargeables0,7 %6,1 %5,8 %
Électrique1,9 %18,3 %31,4 %
Volume électrique30 378216 622387 345

Source : PFA / CCFA / AAA Data, dossiers de presse de septembre 2019 et septembre 2026. Les autres énergies (GPL, superéthanol, GNV) complètent les totaux.

Ventes de voitures neuves par énergie (janvier à septembre)

2019
Essence 58,5 %
Diesel 34,1 %
2025
22,3 %
44,8 %
18,3 %
2026
13,7 %
43,3 %
31,4 %
Essence
Diesel
Hybrides non rechargeables
Hybrides rechargeables
Électrique
GPL et autres
Source : PFA / CCFA / AAA Data. Hybrides non rechargeables calculés par différence entre le total hybrides et les hybrides rechargeables.

En 2019, essence et diesel représentaient ensemble 92,6 % des ventes de voitures neuves. En 2026, ils ne pèsent plus que 16,1 %. Le diesel, qui dominait encore le marché français au milieu des années 2010, est devenu marginal : 29 125 immatriculations en neuf mois, deux fois moins qu’en 2025. L’essence pure perd 36,1 % de ses volumes sur un an. Les ventes de voitures électriques, elles, ont été multipliées par 12,7 depuis 2019.

Ce que recouvre vraiment le mot « hybride »

Les hybrides pèsent la moitié du marché, mais cette catégorie est plus hétérogène qu’il n’y paraît. Selon la définition retenue par la PFA, est hybride tout véhicule dont la propulsion s’appuie à la fois sur un carburant et sur une batterie ou un autre dispositif de stockage d’énergie électrique. La statistique regroupe donc aussi bien des hybrides rechargeables capables de rouler plusieurs dizaines de kilomètres en électrique que des hybrides légers, dont l’assistance électrique reste modeste et qui fonctionnent pour l’essentiel comme des voitures essence.

Les données publiques ne distinguent que les hybrides rechargeables, à 5,8 % du marché. Le reste, soit plus de 43 % des immatriculations, mêle des technologies aux performances très différentes. Il faut garder cette nuance en tête avant de conclure que la moitié des voitures neuves roule en partie à l’électricité. Autre enseignement, le volume des hybrides stagne en 2026 (606 214 unités contre 603 968), ce qui confirme que la dynamique du marché ne passe plus par eux.

Malus et prime électrique : le cadre fiscal de 2026

Les chiffres d’immatriculation ne permettent pas de mesurer l’effet exact de la fiscalité sur les ventes. Ils s’inscrivent cependant dans un cadre qui pèse de plus en plus nettement sur les motorisations thermiques et allège le coût d’accès à l’électrique.

Pour une voiture immatriculée pour la première fois en 2026, le malus CO2 s’applique dès 108 g/km d’émissions (selon la norme WLTP), avec un montant de départ de 50 €. Le barème progresse ensuite gramme par gramme jusqu’à atteindre 80 000 € au-delà de 191 g/km. À ce malus s’ajoute la taxe sur la masse en ordre de marche, dite malus masse, qui s’applique en 2026 à partir de 1 500 kg. Les hybrides non rechargeables bénéficient d’un abattement de 100 kg sur leur masse. Les voitures 100 % électriques en sont exonérées, sous des conditions qui dépendent de leur date de première immatriculation.

Côté aides, le bonus écologique pour les voitures particulières neuves a disparu le 1er juillet 2025. Il a été remplacé par la prime « Coup de pouce véhicules particuliers électriques », financée par le dispositif des certificats d’économies d’énergie. Elle vise les particuliers qui achètent ou louent pour au moins deux ans une voiture électrique neuve, dont le coût d’acquisition ne dépasse pas 47 000 € TTC et dont la masse reste sous 2 400 kg, avec en plus une condition de score environnemental. Contrairement à l’ancien bonus, son montant n’est pas fixé par la réglementation : il varie selon l’entreprise qui verse la prime.

Ce plafond de prix éclaire en partie la composition du classement électrique de 2026. Une large part des modèles qui s’y trouvent sont des citadines et des compactes, un segment où l’offre électrique s’est étoffée. Les conditions détaillées de ces dispositifs sont consultables sur service-public.gouv.fr.

Constructeurs : les marques hors groupes français prennent l’avantage

Les deux groupes français restent au coude à coude. Stellantis (grâce à Peugeot) immatricule 327 026 voitures particulières sur neuf mois (26,5 % du marché, +2,2 %), le groupe Renault 314 460 (25,5 %, -1,0 %). La progression la plus nette vient pourtant de l’ensemble des autres constructeurs : 512 609 immatriculations, en hausse de 10,5 %, pour 41,5 % du marché. Leur part s’établissait autour de 39 % sur la même période de 2025.

MarqueImmatriculations 9 mois 2026ÉvolutionPart de marché
Renault212 512+3,3 %17,2 %
Peugeot161 294-5,2 %13,1 %
Dacia96 404-10,8 %7,8 %
Citroën93 926+9,5 %7,6 %
Toyota77 060-4,7 %6,2 %
Opel25 689+1,5 %2,1 %
Fiat24 137+67,9 %2,0 %
DS9 695-12,9 %0,8 %
Alpine5 544+44,5 %0,4 %
Autres constructeurs (cumul)512 609+10,5 %41,5 %

Source : PFA / AAA Data. Le dossier PFA détaille les marques des groupes membres (Stellantis, Renault, Toyota) et regroupe les autres constructeurs.

Au sein de Stellantis, les trajectoires divergent fortement. Citroën progresse de 9,5 % et Fiat de 67,9 %, quand Peugeot recule de 5,2 % malgré la première place de la 208 au classement des modèles. Chez Renault Group, la marque Renault progresse et Alpine gagne 44,5 % sur une base encore modeste, mais Dacia perd 10,8 % de ses volumes. Pour une marque historiquement positionnée sur le prix, ce recul dans un marché en hausse mérite d’être suivi d’ici la fin de l’année.

Les voitures les plus vendues en France en 2026

Le classement des modèles à fin septembre reste dominé par les citadines et les petits SUV français, avec une exception notable à la quatrième place avec Tesla.

RangModèleImmatriculationsPart du marché
1Peugeot 20856 5154,6 %
2Dacia Sandero46 4893,8 %
3Renault Clio VI38 6933,1 %
4Tesla Model Y37 8413,1 %
5Peugeot 200837 6993,1 %
6Renault 531 9962,6 %
7Citroën C328 3952,3 %
8Peugeot 300826 5062,1 %
9Dacia Duster22 4321,8 %
10Renault Captur22 1231,8 %
11Toyota Yaris21 8951,8 %
12Renault Clio V21 8191,8 %
13Toyota Yaris Cross21 4641,7 %
14Renault Scénic20 5221,7 %
15Peugeot 30819 8221,6 %

Source : PFA / AAA Data, top 100 VP France janvier à septembre 2026.

Clio contre 208 : un classement à lire avec précaution

Le classement officiel compte les générations séparément. Or la Renault Clio vit en 2026 une transition entre deux générations, vendues en parallèle : la Clio VI apparaît à la troisième place, la Clio V à la douzième. Additionnées, elles totalisent 60 512 immatriculations, soit davantage que les 56 515 de la Peugeot 208. Sur le plan commercial, la Clio est donc la voiture la plus vendue en France à fin septembre, même si aucun classement ne l’affiche ainsi.

L’inverse se produit pour la motorisation. Le classement PFA regroupe sous une même ligne toutes les énergies d’un modèle : la 208, la 2008 ou la 3008 incluent leurs versions électriques. Une partie des ventes électriques est donc « cachée » dans des modèles que l’on associe spontanément à l’essence ou à l’hybride.

Les voitures électriques les plus vendues en France

En ne retenant que les modèles vendus exclusivement en version électrique, le classement à fin septembre s’établit ainsi : Tesla Model Y (37 841), Renault 5 (31 996), Renault Scénic (20 522), Renault Twingo (14 479), Citroën ë-C3 (13 979), Renault Mégane E-Tech (10 552), Volkswagen ID.4 (10 472), Skoda Elroq (10 319), Renault 4 (7 984), BMW iX1 (7 536), BYD Atto 2 (7 448) et Tesla Model 3 (7 278).

Renault place cinq modèles dans cette liste, pour un cumul de 85 533 immatriculations. La présence de la Twingo, de la Renault 5 et de l’ë-C3 montre aussi que l’électrique ne se limite plus aux modèles haut de gamme : une partie de la croissance passe par des citadines.

Tesla Model Y, la seule voiture premium au sommet

Tesla Modèle Y sur la route

Avec 37 841 immatriculations, le Model Y est le seul modèle d’une marque non française dans le top 5, et le premier modèle premium du classement, très loin devant tous les autres. Les premières voitures des marques premium allemandes apparaissent bien plus bas : le BMW X1 totalise 8 448 immatriculations, son équivalent électrique iX1 7 536, l’Audi A3 6 938 et la Mercedes CLA 6 512. Le SUV de Tesla s’écoule ainsi à plus de quatre fois le volume du premier modèle BMW.

Cet écart illustre une évolution de fond : sur le segment premium, l’électrique ne représente plus une niche de catalogue. Le fait que l’iX1 talonne le X1 thermique et hybride va dans le même sens. Les données publiques ne détaillent pas les volumes par marque premium, ce qui empêche de mesurer précisément la part de ce segment dans le marché 2026. Le classement des modèles suffit toutefois à montrer qu’en volume, un seul acteur domine.

Quel volume attendre pour l’année 2026 complète ?

Les trois derniers mois de 2025 avaient totalisé 445 368 immatriculations (139 514 en octobre, 132 927 en novembre et 172 927 en décembre). Deux hypothèses simples permettent d’encadrer le résultat final de 2026.

Si le quatrième trimestre 2026 se contente de reproduire celui de 2025, l’année se terminera autour de 1 680 000 voitures particulières, soit une hausse d’environ 3 % sur 2025. Si la dynamique du troisième trimestre (+9,6 %) se prolonge jusqu’en décembre, le marché approcherait 1 723 000 unités, un niveau proche de celui de 2024. Dans les deux cas, 2026 resterait une année de reprise modeste, bien en dessous des volumes d’avant 2020.

Ces projections relèvent de notre propre calcul à partir des données PFA, pas d’une prévision officielle. Elles seront remplacées par les chiffres réels au fil des publications mensuelles.

Ce que l’on nous demande le plus souvent

Comment va le marché automobile français en 2026 ?

Il progresse de 4,1 % sur les neuf premiers mois, avec 1 234 952 voitures particulières neuves immatriculées. Cette hausse repose entièrement sur l’électrique : hors voitures 100 % électriques, le marché recule de 12,6 %.

Quelle est la voiture la plus vendue en France en 2026 ?

Au classement officiel, la Peugeot 208 arrive en tête avec 56 515 immatriculations à fin septembre. En additionnant les deux générations vendues en parallèle, la Renault Clio la dépasse avec 60 512 unités.

Quelle est la part de marché de la voiture électrique en France ?

Elle atteint 31,4 % des voitures particulières neuves entre janvier et septembre 2026, contre 20,0 % sur l’ensemble de l’année 2025 et 1,9 % sur les neuf premiers mois de 2019.

Le marché automobile a-t-il retrouvé son niveau d’avant-Covid ?

Non. À période comparable, il reste 24,8 % en dessous de 2019, avec environ 406 000 voitures neuves de moins sur neuf mois.

Le bonus écologique existe-t-il encore en 2026 ?

Non, pas sous cette forme. Depuis le 1er juillet 2025, il est remplacé par la prime « Coup de pouce véhicules particuliers électriques », réservée aux voitures électriques neuves de 47 000 € TTC maximum et dont le montant varie selon l’organisme qui la verse.

Quand les chiffres du mois sont-ils publiés ?

La PFA diffuse ses données d’immatriculation en tout début de mois suivant, généralement le premier jour. Cette page est mise à jour à chaque nouvelle publication.

Une année de bascule plus que de reprise

Le marché automobile français de 2026 se résume moins par sa hausse de 4 % que par ce qui la compose. L’électrique y gagne plus de 170 000 immatriculations quand tous les autres types d’énergie en perdent, la Tesla Model Y s’installe au cœur d’un classement historiquement monopolisé par les citadines françaises, et les constructeurs hors groupes français progressent plus vite que Stellantis et Renault. Le volume global, lui, reste un quart en dessous de 2019 : la transformation du marché va beaucoup plus vite que sa reconstruction.

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