Le Nissan Qashqai est l’un des SUV compacts les plus vendus d’Europe, avec plus de trois millions d’exemplaires écoulés sur le continent. Sa popularité en fait un choix naturel sur le marché de l’occasion, mais cette abondance cache des disparités importantes selon les générations et les motorisations.
Certaines versions concentrent des défauts récurrents et coûteux, d’autres sont franchement solides. Voici ce qu’il faut savoir avant de signer.
Sommaire
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| Moteur | Génération | Années à risque | Verdict | Problème principal |
|---|---|---|---|---|
| 1.5 dCi K9K | J10 (1ère gén.) | 2007-2009 | 🔴 À fuir | Turbo, injecteurs |
| 2.0 dCi | J10 (1ère gén.) | 2007-2013 | 🔴 À fuir | FAP, chaîne, bi-masse |
| 2.0 essence | J10 (1ère gén.) | 2007-2013 | 🟠 Risqué | Surconsommation, fiabilité |
| 1.5 dCi (phase 2) | J10 restylée | 2010-2013 | 🟢 Acceptable | Entretien strict |
| 1.2 DIG-T | J11 (2ème gén.) | 2014-2016 | 🔴 À fuir | Courroie, huile, turbo |
| 1.6 dCi | J11 (2ème gén.) | 2014-2016 | 🟠 Prudence | Chaîne, refroidissement |
| 1.5 dCi 110 ch | J11 (2ème gén.) | 2017+ | 🟢 Recommandé | Meilleur diesel |
| 1.3 DIG-T | J11 (2ème gén.) | 2018+ | 🟢 Recommandé | Meilleur essence |
| e-Power / moteurs J12 | J12 (3ème gén.) | 2021+ | 🟠 Prudence | Recul insuffisant |
Première génération J10 (2007-2013) : les erreurs de jeunesse
Le 1.5 dCi (2007-2009) : la motorisation à fuir absolument
C’est le piège numéro un des Qashqai de première génération. Ce bloc diesel, développé en partenariat avec Renault (code K9K), promettait sobriété et fiabilité. La réalité a été tout autre pour les millésimes 2007-2009.
Près d’un tiers des exemplaires ont nécessité un remplacement du turbo avant 150 000 km, pour un coût moyen de 2 000 euros. La fragilité des injecteurs vient souvent s’y ajouter, portant la facture globale à plus de 3 500 euros dans les cas les plus sévères. Sur des véhicules dont la valeur de revente dépasse rarement 5 000 à 6 000 euros, ces réparations peuvent dépasser la valeur du véhicule.
La bonne nouvelle : la phase 2 du J10 (à partir de 2010) a apporté des corrections significatives sur ce moteur. Un 1.5 dCi post-2010 avec historique d’entretien complet est un choix acceptable.
Le 2.0 dCi : la facture à 5 000 euros
Le 2.0 dCi est l’autre grande déception de la première génération. Ce moteur cumule trois problèmes majeurs qui peuvent survenir de façon indépendante ou combinée. Le filtre à particules, chroniquement sous-dimensionné, devient problématique dès 80 000 km sur usage urbain (remplacement : 1 800-2 200€). Le volant moteur bi-masse affiche un taux de défaillance anormalement élevé (1 500€). La chaîne de distribution se fragilise avec le temps (1 200€). En cas de survenue simultanée, la facture peut atteindre et dépasser 5 000 euros.
Le 2.0 essence : à éviter, mais pour d’autres raisons
Le 2.0 essence n’a pas les défauts catastrophiques du 2.0 dCi, mais sa consommation réelle (12 à 14 litres aux 100 km en usage mixte) en fait un choix difficile à justifier économiquement. Sa fiabilité est correcte, mais son coût d’usage élevé le pénalise fortement.
Deuxième génération J11 (2014-2021) : le grand écart
Le 1.2 DIG-T (2014-2016) : la catastrophe industrielle
C’est probablement la pire motorisation que Nissan ait jamais proposée sur le Qashqai. Ce petit 3 cylindres turbo essence est sujet à une surconsommation d’huile pathologique, une courroie de distribution qui se dégrade prématurément, et un turbo fragile. La combinaison de ces défauts a généré des milliers de casses moteur avant 120 000 km.
Les versions entre 2014 et 2016 sont les plus touchées. Nissan a progressivement apporté des correctifs mais sans jamais totalement résoudre les problèmes de fond. À fuir absolument, sans exception.
Le 1.6 dCi (2014-2016) : prudence sur les premières années
Le 1.6 dCi est plus nuancé. Globalement plus fiable que le 1.2 DIG-T, il présente cependant des problèmes de chaîne de distribution et de refroidissement sur les premiers millésimes 2014-2016. Les versions post-2017 sont nettement plus solides.
Le 1.5 dCi 110 ch (post-2017) : le meilleur Qashqai diesel
C’est la motorisation la plus recommandée pour un achat en occasion. Ce bloc diesel, mature et bien calibré, offre une fiabilité sérieuse et une consommation maîtrisée. Les modèles produits à partir de 2017 (post-restylage J11) représentent le meilleur compromis fiabilité/prix sur le marché de l’occasion.
Le 1.3 DIG-T (post-2018) : la rédemption essence
Développé en partenariat avec Mercedes-Benz, ce 1.3 turbo essence efface le souvenir du désastreux 1.2 DIG-T. Il est plus fiable, plus sobre et plus agréable à conduire. Les versions post-2018 sont solides, à condition d’un entretien rigoureux avec l’huile préconisée.
Troisième génération J12 (depuis 2021) : trop tôt pour conclure
Le Qashqai de troisième génération propose des motorisations inédites, notamment le système e-Power (moteur thermique servant uniquement de générateur pour un moteur électrique de traction). La technologie est prometteuse mais manque encore de recul : les premières séries 2021-2022 ont montré quelques soucis électroniques et de fiabilité du système de charge embarqué.
Un J12 post-2023, acheté avec un historique complet et idéalement encore sous garantie constructeur, reste une option valable. Pour l’occasion pure sans garantie, mieux vaut encore un bon J11 post-2017 bien entretenu.
Les problèmes électroniques et de carrosserie communs à toutes les générations
Au-delà des moteurs, certains problèmes reviennent régulièrement sur l’ensemble des Qashqai :
Le système de verrouillage des portes est capricieux sur les premières générations, avec des serrures qui refusent de s’activer. Les premières versions (2007-2009) ont souffert d’un système électronique globalement peu fiable. La corrosion sous caisse est à surveiller sur tous les modèles de plus de 10 ans, en particulier les exemplaires ayant roulé dans des régions salines. Les capteurs de stationnement et les écrans multimédia des premières générations vieillissent mal.
Checklist avant d’acheter un Qashqai d’occasion
- Vérifier impérativement le niveau d’huile sur tout 1.2 DIG-T ou 1.5 dCi première génération
- Exiger un diagnostic OBD complet avant signature
- Contrôler l’historique des vidanges : un Qashqai mal entretenu est un Qashqai à risque
- Tester la chauffe du moteur à froid (démarrage difficile = signe de faiblesse sur les diesels)
- Observer la fumée à l’échappement : bleu = consommation d’huile, noir = turbo défaillant
- Vérifier l’état de la courroie de distribution sur tout 1.2 DIG-T
- Tester toutes les aides à la conduite, l’écran et les capteurs
Ce que les acheteurs demandent le plus
Quel Qashqai ne pas acheter ?
Le 1.2 DIG-T de la deuxième génération (2014-2016) est la version à éviter en priorité, quel que soit le kilométrage affiché. Le 2.0 dCi et le 1.5 dCi pré-2010 de première génération sont également à fuir, sauf si le prix est très bas et l’historique d’entretien impeccable.
Quelle année éviter pour un Qashqai ?
Les Qashqai de 2007-2009 (1ère génération, moteurs non corrigés) et 2014-2016 (2ème génération, 1.2 DIG-T et 1.6 dCi premiers millésimes) sont les plus risqués. À l’inverse, les modèles produits à partir de 2017 (J11 restylé avec 1.5 dCi 110 ch ou 1.3 DIG-T post-2018) offrent la meilleure fiabilité.
Quels sont les défauts cachés du Qashqai ?
Le verrouillage des portes capricieux sur les premières générations, la corrosion sous caisse sur les véhicules de plus de 10 ans, et le vieillissement des systèmes électroniques (capteurs, écran) sont les problèmes les moins visibles mais les plus fréquents. Sur le 1.2 DIG-T, la surconsommation d’huile peut être masquée par un vendeur qui fait l’appoint juste avant la vente.
Bien choisir, c’est éviter les mauvaises surprises
Le Qashqai souffre d’une réputation parfois injuste : mal orienté, il peut effectivement s’avérer coûteux, mais bien choisi, c’est un excellent SUV compact, fiable, agréable et bien diffusé sur le marché de l’occasion.
La règle d’or est simple : éviter les motorisations problématiques des premières années de chaque génération, privilégier les versions post-2017 avec un carnet d’entretien complet, et ne jamais faire l’impasse sur un diagnostic OBD avant signature. Un 1.5 dCi 110 ch ou un 1.3 DIG-T bien entretenu peut rouler longtemps sans mauvaise surprise. C’est le profil à cibler en priorité.


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