Peugeot 208 : quels moteurs faut-il éviter ?

Peugeot 208

La Peugeot 208 est l’une des citadines les plus vendues en France, et le marché de l’occasion en regorge. Mais derrière son design séduisant se cachent des motorisations très inégales.

Certaines sont fiables et économiques, d’autres peuvent vider un compte en banque avant 100 000 km. Voici ce qu’il faut savoir avant de signer.

Le verdict rapide par motorisation

MoteurAnnées à risqueVerdictProblème principal
1.2 PureTech 68/82/110 ch2012-2018🔴 À fuirCourroie humide, casse moteur
1.0 VTi 68 ch2012-2014🔴 À fuirSurconsommation d’huile, casse
1.6 VTi 120 ch2012-2015🟠 RisquéConsommation d’huile, sondes
1.6 HDi 92 chavant 2016🔴 À fuirInjecteurs, turbo
1.5 BlueHDi2017-2020🟠 RisquéChaîne arbres à cames, AdBlue
Boîte EAT62014-2016🔴 À fuirÀ-coups, calculateur
1.2 PureTechpost-2021🟢 AcceptableCourroie corrigée
1.6 BlueHDi 100/120 chpost-2015🟢 RecommandéMeilleur diesel
e-208 électriquetoutes années🟢 RecommandéMeilleure fiabilité globale

Le 1.2 PureTech (2012-2018) : le moteur à éviter absolument

C’est le sujet qui revient dans quasiment toutes les plaintes et tests sur les forums et sites spécialisés à propos de la Peugeot 208. Le 1.2 PureTech (aussi disponible sur certaines C3 par exemple) produit entre 2012 et 2018 est équipé d’une courroie de distribution dite « humide », c’est-à-dire qu’elle baigne directement dans l’huile moteur. Avec le temps, le caoutchouc se désagrège chimiquement et libère des débris dans le circuit d’huile. Ces particules bouchent la crépine d’aspiration, étouffent le circuit de lubrification et, dans les cas les plus graves, provoquent la casse totale du bloc moteur. Autre conséquence redoutable : la pompe à vide qui alimente le système de freinage peut se colmater, entraînant une perte d’assistance au freinage en pleine conduite.

Ce défaut de conception a fait l’objet d’une action collective contre Stellantis et de plusieurs campagnes de rappel. Malgré cela, des milliers de propriétaires ont subi des casses avant 100 000 km, parfois bien avant.

Les signes précurseurs à surveiller lors d’un achat :

  • Consommation d’huile anormale (appoint nécessaire tous les 2 000 km)
  • Voyant pression d’huile qui s’allume
  • Cliquetis ou frottements au démarrage
  • Pédale de frein qui durcit soudainement
  • Perte de puissance ou à-coups à l’accélération

Peugeot a progressivement amélioré la courroie à partir de 2018, mais c’est réellement à partir de mi-2022 que les modèles bénéficient d’une chaîne de distribution métallique en remplacement de la courroie, ce qui résout définitivement le problème.

Le 1.0 VTi et le 1.6 VTi : la surconsommation d’huile

Moins connu que le scandale PureTech, le moteur 1.0 VTi 68 ch (2012-2014) est lui aussi problématique. Sa surconsommation d’huile est gargantuesque : certains propriétaires doivent faire l’appoint chaque semaine. Sans surveillance constante du niveau, la casse survient souvent avant 90 000 km. La pompe à eau fragile et les coûts de réparation élevés en font une motorisation à éviter dans tous les cas.

Le 1.6 VTi 120 ch ne fait guère mieux. Même appétit pour l’huile, thermostat défaillant, sondes capricieuses. Ce moteur n’offre pas les performances sportives qu’on pourrait attendre d’un 1.6 et cumule les fragilités typiques des premières générations.

Les diesels : pas de répit non plus

Le 1.6 HDi 92 ch (avant 2016)

Le bloc diesel d’entrée de gamme est lui aussi problématique sur la génération 2012-2015. Les injecteurs Continental lâchent parfois dès 80 000 km, pour une facture d’environ 800 euros par pièce. Remplacer les quatre injecteurs dépasse souvent la valeur résiduelle du véhicule. Turbo fragile et vanne EGR qui s’encrasse rapidement sur usage urbain complètent le tableau.

Le 1.5 BlueHDi (2017-2020)

Ce moteur semblait prometteur à son lancement, mais deux défauts de conception ont terni sa réputation. Le système AdBlue a tendance à cristalliser, bloquant tout le dispositif anti-pollution et nécessitant souvent le remplacement complet du réservoir et de la pompe. Plus grave encore : la petite chaîne de 7 mm reliant les arbres à cames peut se rompre sans signe avant-coureur sur les modèles 2017-2020, entraînant directement la destruction du moteur. Un rappel constructeur a été lancé, mais vérifier qu’il a bien été effectué avant achat est indispensable.

La boîte automatique EAT6 (2014-2016)

Au-delà des moteurs, la boîte automatique EAT6 montée entre 2014 et 2016 mérite une mention spéciale. Elle inflige des à-coups violents lors des changements de vitesse et peut tomber en mode dégradé brutalement. Le calculateur défaillant ou le convertisseur de couple usé sont les coupables les plus fréquents. Les coûts de réparation peuvent rendre le véhicule économiquement irréparable. À éviter autant que les moteurs à risque.

L’électronique des premières séries (2012-2014)

Les premiers modèles ont essuyé les plâtres côté multimédia. L’écran tactile SMEG se fige, redémarre sans prévenir ou tombe en panne complète. Le GPS affiche des messages d’erreur même sans navigation intégrée. Des capteurs fantômes déclenchent des alertes injustifiées. Ces pannes ne sont pas mécaniquement graves mais coûtent cher en diagnostics répétés et dégradent sérieusement l’expérience au quotidien.

Quelles versions sont fiables ?

Pour un acheteur d’occasion cherchant la tranquillité, deux options se démarquent nettement.

Le 1.6 BlueHDi 100 ou 120 ch produit après 2015 est le moteur diesel le plus fiable de la gamme. Il corrige les défauts des anciens HDi et évite les problèmes de chaîne du 1.5 BlueHDi de première génération. Idéal pour les gros rouleurs avec usage mixte.

Le 1.2 PureTech post-mi 2022 avec chaîne de distribution métallique est enfin fréquentable. Pour les modèles entre 2018 et 2021, la courroie a été améliorée mais le risque n’est pas totalement éliminé. Exiger les factures de vidange (huile conforme obligatoire) et de remplacement préventif de la courroie reste essentiel.

La e-208 électrique échappe à tous les problèmes mécaniques évoqués ci-dessus. Sa fiabilité globale est la meilleure de la gamme. Seul point de vigilance : demander un test de santé de la batterie avant achat.

Checklist avant d’acheter une 208 d’occasion

  1. Exiger le carnet d’entretien complet avec factures, notamment les vidanges sur PureTech
  2. Vérifier que les rappels constructeur ont bien été effectués (numéro VIN sur le site Peugeot)
  3. Sur PureTech, contrôler la date et le kilométrage du dernier changement de courroie
  4. Sur 1.5 BlueHDi, confirmer que le rappel chaîne d’arbres à cames a été réalisé
  5. Démarrer le moteur froid et écouter attentivement les cliquetis
  6. Vérifier le niveau d’huile avant et après l’essai sur les PureTech et VTi
  7. Tester la boîte automatique à froid et à chaud pour détecter les à-coups (EAT6)
  8. Effectuer un diagnostic OBD avant la signature

Vos questions :

Quel moteur de Peugeot 208 faut-il absolument éviter ?

Le 1.2 PureTech produit entre 2012 et 2018 est le moteur à éviter en priorité. Sa courroie de distribution « humide » se désagrège dans l’huile et peut provoquer la casse totale du moteur avant 100 000 km. Le 1.0 VTi et le 1.6 HDi d’avant 2016 sont également très risqués.

Le moteur PureTech de la 208 a-t-il été corrigé ?

Partiellement à partir de 2018, mais c’est réellement à partir de mi-2022 que Peugeot a remplacé la courroie par une chaîne de distribution métallique, éliminant le défaut de conception d’origine. Les modèles 2018-2021 ont une courroie améliorée mais restent à surveiller de près.

Le diesel est-il plus fiable que l’essence sur la 208 ?

Pas nécessairement. Le 1.6 HDi d’avant 2016 a ses propres défauts (injecteurs, turbo), et le 1.5 BlueHDi 2017-2020 souffre d’un problème de chaîne d’arbres à cames pouvant détruire le moteur. Le 1.6 BlueHDi post-2015 est l’exception fiable côté diesel.

Quelle Peugeot 208 choisir pour rouler l’esprit tranquille ?

En occasion : un 1.6 BlueHDi 100 ou 120 ch post-2015 avec historique complet pour les gros rouleurs, ou un 1.2 PureTech post-mi 2022 pour un usage mixte. En neuf ou récent : la e-208 électrique offre la meilleure fiabilité de toute la gamme.

Notre avis avant d’acheter :

La Peugeot 208 reste une excellente citadine, mais son histoire en occasion est marquée par des choix techniques qui ont coûté cher à de nombreux propriétaires.

Le 1.2 PureTech d’avant 2018 concentre l’essentiel des risques, mais les moteurs VTi, le 1.6 HDi d’avant 2016 et le 1.5 BlueHDi de première génération ont leurs propres défauts sérieux. Bien choisir son motorisation et son millésime fait toute la différence entre une voiture économique et un gouffre financier. Un carnet d’entretien complet et un diagnostic OBD avant signature restent les deux réflexes qui évitent la plupart des mauvaises surprises.


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