Le 220 CDI 170 ch est l’une des motorisations les plus répandues de la gamme Mercedes. Présent sous le capot de la Classe C, de la Classe E, du GLK, du CLS et de la Classe B selon les générations, ce diesel 2.2 litres s’est forgé une réputation de bloc endurant et agréable. Mais comme tout moteur à fort volume de diffusion, il a des zones de fragilité largement documentées
Voyons ensemble ce que vaut réellement ce moteur et les véhicules qui l’accueillent, à partir des retours propriétaires et des données de fiabilité disponibles.
Sommaire
ToggleFiche technique du 220 CDI 170 ch
Le 220 CDI 170 ch correspond au bloc OM651 dans ses versions les plus diffusées, un 4 cylindres diesel de 2 143 cm³ introduit par Mercedes à la fin des années 2000 pour remplacer les anciens blocs OM646 et OM611 de cylindrée similaire.
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Code moteur | OM651 |
| Cylindrée | 2 143 cm³ |
| Puissance | 170 ch à 3 000 tr/min |
| Couple | 400 Nm à 2 000 tr/min |
| Injection | Common rail directe |
| Distribution | Chaîne |
| Norme | Euro 5 / Euro 6 selon millésime |
| Consommation mixte | 5,5 à 6,5 l/100 km |
Le bloc OM651 utilise une chaîne de distribution, un avantage structurel sur le long terme par rapport aux moteurs à courroie. Sur les premières séries (2008-2012), cette chaîne a cependant présenté des problèmes d’allongement prématuré documentés, corrigés sur les millésimes suivants.
Les modèles équipés du 220 CDI 170 ch
Ce bloc a été décliné sur un large spectre de modèles Mercedes, ce qui en fait l’un des diesels les plus polyvalents de la marque sur la période 2007-2017.
| Modèle | Années | Boîte | 0-100 km/h |
|---|---|---|---|
| Classe C (W204) | 2007-2013 | Auto 5 / Méca 6 | 8,5 s |
| Classe E (W212) | 2009-2016 | Méca 6 / Auto 7 | 8,8 s |
| Classe E Coupé (C207) | 2009-2016 | Auto 7 | 8,4 s |
| GLK (X204) | 2009-2015 | Méca 6 | 8,6 s |
| CLS (C218) | 2010-2017 | Auto 9 | 8,3 s |
| Classe B (W246) | 2012-2018 | Auto 7 | 8,1 s |
Cette large diffusion est un avantage concret pour les acheteurs d’occasion : les pièces sont disponibles, les mécaniciens connaissent le moteur, et les données de fiabilité sont nombreuses. C’est aussi ce qui permet d’identifier précisément les faiblesses selon les modèles.


Ce que les propriétaires retiennent : les points forts
Sur la grande majorité des retours disponibles, plusieurs qualités reviennent de façon constante.
Le couple disponible dès les bas régimes
C’est LA qualité la plus citée. Les 400 Nm disponibles à 2 000 tr/min donnent au 220 CDI 170 ch une souplesse remarquable en usage quotidien et une réserve appréciable pour les dépassements et les longues côtes en charge.
La consommation maîtrisée sur parcours routier
Un deuxième point fort pour ce moteur. En usage mixte à dominante routière ou autoroutière, les retours convergent entre 5,5 et 6,5 l/100 km selon le modèle et la conduite. Les propriétaires de GLK signalent des valeurs légèrement supérieures (7 à 8 l/100 km) en raison du poids du véhicule.
La durabilité sur hauts kilométrages
Les propriétaires ayant dépassé 200 000 km sans intervention majeure sont nombreux dans les retours disponibles, certains GLK et Classe E atteignant 250 000 à 300 000 km sans panne moteur lourde, à condition d’un entretien rigoureux.
Les pannes et points faibles documentés
Les données de fiabilité issues des retours propriétaires permettent d’identifier précisément les composants les plus touchés. Voici les zones de fragilité dans l’ordre de fréquence documentée.
Les injecteurs
Ils arrivent en tête dans les signalements. Les bruits d’injection caractéristiques (cliquetis à froid), fuites, pertes de performance ou démarrages difficiles : ces symptômes apparaissent généralement au-delà de 150 000 km, surtout sur les véhicules dont les intervalles de vidange n’ont pas été strictement respectés. La qualité du carburant joue également un rôle : un gazole de mauvaise qualité accélère l’usure des injecteurs sur ce moteur. Le remplacement d’un injecteur se situe entre 300 et 600 euros pièce, main-d’œuvre comprise.
L’échangeur air-huile thermique
Il s’agit d’un point de défaillance fréquent. Cet échangeur, qui refroidit l’huile moteur en utilisant le circuit de refroidissement, peut développer des fuites internes avec le temps et la chaleur. Le symptôme le plus redouté est le mélange huile-eau lorsque l’échangeur cède complètement, ce qui oblige à une vidange complète des deux circuits et un nettoyage du moteur. Ce composant mérite une inspection systématique sur tout exemplaire d’occasion dépassant 100 000 km.
La pompe à eau
La pompe est régulièrement citée dans les retours propriétaires, notamment sur les versions Classe E et GLK. Son remplacement est recommandé de façon préventive autour de 150 000 à 180 000 km, avant qu’une fuite ne génère une surchauffe. Coût : entre 300 et 500 euros selon les modèles et le prestataire.
La boîte automatique
Uniquement sur des versions mal entretenues. Les à-coups à bas régime et les rétrogradages tardifs sont les symptômes les plus courants. La boîte 7G-Tronic, montée sur la majorité des Classe E et CLS, est fiable à condition que le fluide de boîte soit changé tous les 60 000 à 80 000 km. Un véhicule dont la boîte n’a jamais été vidangée au-delà de 150 000 km est un risque réel.
La chaîne de distribution
Elle mérite une attention particulière sur les premiers OM651 (2008-2012). Un bruit de chaîne à froid, caractéristique d’un allongement, est le signal d’une intervention imminente. Sur les millésimes post-2012, ce problème a été largement corrigé par Mercedes et les retours sur la distribution sont nettement plus rares.
L’électronique
Il s’agit essentiellement de capteurs défaillants (sondes de température, capteurs de pression rail, sondes NOx) qui génèrent des codes défaut et des messages d’alerte sans nécessairement indiquer une panne mécanique grave. Ces défaillances électroniques sont généralement détectables via une lecture de codes défaut avant achat.
Versions à privilégier et à éviter
À éviter en priorité : les OM651 produits entre 2008 et 2011, qui concentrent les problèmes de chaîne de distribution et les injecteurs de première génération les moins robustes. Sur la Classe C W204 produite jusqu’en 2011, les boîtes automatiques 5 rapports sont également moins raffinées que les versions 7 rapports.
À privilégier : les millésimes 2013 et ultérieurs, qui bénéficient des corrections apportées sur la distribution et sur la gestion électronique. Les versions Euro 6 (à partir de 2014-2015) intègrent des améliorations techniques supplémentaires mais ajoutent la complexité du système SCR AdBlue, avec ses propres points de vigilance.
Acheter un 220 CDI 170 ch en occasion
Voici les vérifications indispensables à faire avant de considérer un achat d’occasion :
- Un diagnostic électronique complet est le premier investissement à faire avant tout achat. Il révèle les codes défaut mémorisés sur les injecteurs, le système antipollution et la boîte de vitesses, même si aucun voyant n’est allumé au moment de l’essai.
- Vérifier l’état de l’échangeur air-huile lors de l’inspection mécanique : traces d’huile dans le circuit de refroidissement ou eau dans l’huile sont des signaux d’alerte majeurs.
- Exiger le carnet d’entretien complet et vérifier la régularité des vidanges. Le 220 CDI 170 ch est un moteur qui pardonne peu les négligences sur l’huile : intervalles dépassés ou huile hors spécification accélèrent l’usure des injecteurs et du turbo.
- Écouter le moteur à froid et après montée en température : un cliquetis d’injection persistant ou un bruit de chaîne à froid sont des points de négociation ou des raisons d’écarter le véhicule.
Questions fréquentes de potentiels acheteurs
Le 220 CDI 170 ch est-il plus fiable que le 220 CDI 150 ch ?
Le 220 CDI 150 ch repose sur l’ancien bloc OM646, une mécanique plus simple et globalement considérée comme plus robuste sur les hauts kilométrages. Le 220 CDI 170 ch (OM651) offre plus de performances et une meilleure sobriété, mais avec une complexité technique supérieure, notamment sur l’électronique et la gestion des émissions. Pour un usage professionnel intensif recherchant avant tout la simplicité de maintenance, l’OM646 reste une référence.
Quelle consommation réelle sur autoroute ?
Sur une Classe E W212 à allure stabilisée (110 à 120 km/h), les retours propriétaires indiquent des consommations entre 5,2 et 6,0 l/100 km. Sur un GLK en raison de son aérodynamique moins favorable, les valeurs montent à 6,5 à 7,5 l/100 km dans les mêmes conditions.
Le 220 CDI 170 ch supporte-t-il bien les hauts kilométrages ?
Oui, c’est l’un de ses points forts les mieux documentés. Des exemplaires à 300 000 km en bon état mécanique sont régulièrement recensés sur les modèles bien entretenus, notamment sur les Classe E et GLK dont l’usage a été majoritairement autoroutier.
Un bloc solide qui récompense la rigueur d’entretien
Le 220 CDI 170 ch mérite sa réputation de moteur endurant et agréable. Ses pannes les plus fréquentes sont prévisibles et concentrées sur des composants d’usure identifiables avant l’achat.
La clé est dans la sélection : un exemplaire avec historique complet, millésime post-2012, et boîte automatique entretenue représente un achat solide. Un véhicule sans carnet, aux injecteurs bruyants et à la boîte jamais vidangée est une autre affaire, quel que soit son kilométrage affiché.


