Le certificat d’immatriculation contient une série de champs techniques que la plupart des conducteurs n’ont jamais eu l’occasion de déchiffrer. La case P2 en fait partie : elle indique la puissance nette maximale du moteur en kilowatts, une donnée technique précise qui ne correspond pas directement à ce qu’on entend couramment par « nombre de chevaux ».
Comprendre ce que représente ce chiffre, comment le convertir et dans quels contextes il intervient permet d’utiliser son certificat d’immatriculation comme un véritable document d’information technique.
Sommaire
ToggleDéfinition de la case P2
La case P2 du certificat d’immatriculation indique la puissance nette maximale du moteur, exprimée en kilowatts (kW). C’est la puissance que le moteur peut délivrer à sa sortie, mesurée selon les normes européennes d’homologation des véhicules (directive 80/1269/CEE et ses révisions).
Cette valeur est différente de la puissance brute (mesurée sur le banc moteur sans accessoires) et de la puissance fiscale (valeur administrative calculée selon une formule intégrant les émissions CO2). La P2 est la donnée technique la plus précise et la plus directement comparable entre véhicules.
Sur le nouveau format de certificat d’immatriculation (depuis 2009), elle figure explicitement sous la dénomination « P.2 : Puissance nette maximale (kW) ». Sur l’ancien format de carte grise, elle apparaissait également en case P2 avec le même contenu.
Comment convertir la P2 en chevaux
Le kilowatt et le cheval-vapeur sont deux unités de puissance qui expriment la même grandeur physique. La conversion est simple et s’applique à toutes les motorisations.
De kW vers chevaux DIN (ch) : diviser la valeur en kW par 0,736
De chevaux DIN vers kW : multiplier la valeur en ch par 0,736
Exemples concrets :
| Puissance en kW (P2) | Puissance en chevaux DIN | Exemple de véhicule typique |
|---|---|---|
| 55 kW | 75 ch | Citadine d’entrée de gamme |
| 74 kW | 101 ch | Berline compacte standard |
| 96 kW | 130 ch | SUV compact familial |
| 125 kW | 170 ch | Berline sportive ou SUV premium |
| 184 kW | 250 ch | GT ou sportive |
| 300 kW | 408 ch | Supercar ou véhicule électrique haute performance |
La valeur en chevaux DIN affichée dans les publicités et les fiches techniques des constructeurs correspond exactement à cette conversion depuis les kW de la case P2. Les deux chiffres désignent la même puissance exprimée dans des unités différentes.


P2 et véhicules électriques : une particularité à connaître
Sur les véhicules électriques, la case P2 prend une importance particulière. La puissance d’un moteur électrique est exprimée en kW dans tous les documents officiels et les communications des constructeurs, sans qu’il soit nécessaire de parler en chevaux. La case P2 est donc le champ de référence naturel pour les véhicules électriques.
Une nuance importante s’applique aux véhicules électriques hautes performances : certains modèles affichent une puissance maximale (boost) supérieure à la puissance continue nominale. La case P2 indique la puissance nette maximale, qui correspond à la valeur boost sur ces véhicules. La puissance continue, disponible de façon prolongée, peut être significativement inférieure sur certaines motorisations électriques sportives.
Sur les véhicules hybrides, la case P2 indique généralement la puissance du moteur thermique seul. La puissance système combinée (thermique + électrique) peut être mentionnée dans les documents commerciaux mais ne correspond pas nécessairement à la case P2 du certificat.
La différence fondamentale entre P2 et P6
C’est la confusion la plus fréquente sur le certificat d’immatriculation. La case P2 et la case P6 sont deux données de puissance très différentes dans leur nature et leur usage.
- La case P2 est une donnée technique réelle : elle mesure la puissance physique que le moteur peut délivrer, exprimée en kW. Elle est comparable entre tous les véhicules de façon objective.
- La case P6 est une donnée administrative fiscale : elle exprime la puissance fiscale en chevaux fiscaux (CV), calculée selon une formule qui intègre la puissance en kW et les émissions de CO2. Elle n’a pas de signification mécanique directe et sert uniquement au calcul des taxes. Sa valeur est toujours nettement inférieure à la puissance réelle en chevaux DIN.
Exemple : un véhicule de 130 ch (96 kW) affiche 96 kW en case P2 et peut n’avoir que 6 ou 7 CV fiscaux en case P6, selon ses émissions de CO2. Les deux chiffres coexistent sur le même certificat et décrivent deux réalités différentes du même moteur. Notre article sur la puissance fiscale et la case P6 détaille le calcul et les implications fiscales de ce second chiffre.
Dans quels cas la case P2 est-elle consultée
La case P2 est rarement demandée dans les démarches administratives courantes, mais elle intervient dans plusieurs contextes précis.
L’assurance automobile est le premier contexte. Les assureurs utilisent la puissance réelle du moteur (en kW ou en chevaux DIN) comme critère de calcul de la prime, particulièrement pour les jeunes conducteurs et les véhicules sportifs. La case P2 est la source officielle de cette donnée.
Le permis A2 pour les motocycles impose une puissance maximale de 35 kW pour les conducteurs en permis progressif. Sur les certificats d’immatriculation des motos, la case P2 est le champ de référence pour vérifier qu’un deux-roues est éligible au permis A2. Cette vérification est particulièrement importante lors de l’achat d’une moto d’occasion dont la restriction A2 doit être confirmée.
La reprogrammation moteur soulève une question liée à la P2. Quand un véhicule est reprogrammé pour développer une puissance supérieure à celle d’origine, la valeur en case P2 ne change pas automatiquement. Une reprogrammation déclarée et homologuée nécessite une mise à jour du certificat d’immatriculation, avec une nouvelle valeur en P2. Une reprogrammation non déclarée laisse le certificat inchangé, créant un écart entre la puissance réelle et la puissance officielle qui peut avoir des conséquences en cas de sinistre ou de contrôle.
L’importation et l’homologation d’un véhicule étranger nécessitent de vérifier la puissance P2 pour s’assurer que le véhicule respecte les normes d’homologation européennes. Un véhicule importé dont la puissance dépasse certains seuils peut être soumis à des démarches supplémentaires.
La case P2 et les restrictions de puissance
Certaines situations imposent une puissance maximale qui est directement lue en case P2.
Pour les véhicules de société, certaines politiques d’entreprise imposent une puissance maximale à la flotte, exprimée en kW. La case P2 est la référence pour vérifier la conformité d’un véhicule avec cette politique.
Pour les jeunes conducteurs en période probatoire, aucune restriction de puissance n’est imposée en France pour les véhicules de tourisme (contrairement aux deux-roues). La puissance P2 d’une voiture n’est donc pas un critère légal pour les conducteurs novices sur quatre roues.
Pour les véhicules de location dans certains pays européens, une restriction de puissance peut s’appliquer selon l’âge du conducteur. La case P2 du certificat est alors le document de référence.
Comment lire toutes les cases P du certificat
Le certificat d’immatriculation regroupe plusieurs cases commençant par P, chacune avec une signification distincte.
| Case | Dénomination | Ce qu’elle indique |
|---|---|---|
| P.1 | Cylindrée | Volume total des cylindres en cm³ |
| P.2 | Puissance nette maximale | Puissance moteur en kW |
| P.3 | Type de carburant | ES (essence), GO (gazole), EL (électrique), etc. |
| P.6 | Puissance fiscale | Puissance administrative en CV fiscaux |
La case P.1 (cylindrée en cm³) est la donnée la plus ancienne historiquement : les premières taxes sur les véhicules étaient calculées sur la cylindrée. Elle reste indicative de la taille du moteur mais ne dit rien de sa puissance, particulièrement sur les moteurs suralimentés modernes où un petit volume peut produire une grande puissance.
La case P.3 indique le type de carburant utilisé. Les codes les plus courants sont ES (essence), GO (gazole), EL (électricité), GN (gaz naturel), GP (GPL) et EH (hybride essence). Cette case est importante pour les vérifications Crit’Air et pour les démarches liées aux ZFE.
Les autres champs techniques du certificat à connaître
La case P2 s’inscrit dans un ensemble de données techniques du certificat qui permettent de caractériser précisément le véhicule. La case X.1 indique la date du prochain contrôle technique. La case V.7 renseigne les émissions de CO2 en g/km, utilisées pour le malus écologique et le calcul de la puissance fiscale. La case P.6 indique la puissance fiscale en chevaux fiscaux, qui détermine le montant de la taxe régionale à l’immatriculation.
Questions de propriétaires qui reviennent souvent :
À quoi correspond le champ P2 sur la carte grise ?
La case P2 indique la puissance nette maximale du moteur en kilowatts (kW). C’est la puissance physique réelle que le moteur peut délivrer, mesurée selon les normes européennes d’homologation. Elle est différente de la puissance fiscale (case P6) qui est une valeur administrative sans signification mécanique directe.
Comment convertir la puissance P2 en chevaux ?
Diviser la valeur en kW par 0,736. Exemple : 96 kW ÷ 0,736 = 130 ch. Dans l’autre sens, multiplier les chevaux par 0,736 pour obtenir les kW. Cette conversion est exacte et universelle pour les chevaux DIN (CH), qui est l’unité standard en Europe.
Quelle est la différence entre P2 et P6 sur la carte grise ?
La P2 est la puissance technique réelle du moteur en kW, comparable entre tous les véhicules. La P6 est la puissance fiscale en chevaux fiscaux (CV), calculée selon une formule administrative qui intègre les émissions de CO2. La P6 est toujours beaucoup plus basse que la puissance réelle et sert uniquement à calculer les taxes. Un véhicule de 130 ch (96 kW en P2) peut n’avoir que 6 ou 7 CV fiscaux en P6.
La case P2 change-t-elle après une reprogrammation moteur ?
Non automatiquement. Une reprogrammation non déclarée ne modifie pas le certificat d’immatriculation. Pour que la case P2 soit mise à jour, la modification doit être déclarée, homologuée et inscrite sur le certificat via une réception à titre isolé (RTI). Une puissance réelle supérieure à la P2 du certificat sans homologation peut entraîner des complications en cas de sinistre ou de contrôle.
Une donnée technique simple, mal comprise
La case P2 est l’une des données les plus directement utiles du certificat d’immatriculation : elle donne la puissance réelle du moteur sans ambiguïté. Sa lecture est simple, sa conversion en chevaux est immédiate, et elle permet de comparer objectivement des véhicules de marques et d’époques différentes.
C’est précisément parce qu’elle est simple et précise qu’elle sert de référence dans tous les contextes où la puissance réelle du moteur est un critère : assurance, homologation, permis A2, politique de flotte. La confusion fréquente avec la puissance fiscale (P6) tient à ce que les deux s’appellent « puissance » et figurent toutes les deux sur le même document. Mais elles mesurent des réalités radicalement différentes.


